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« Nuage vert », Héhé, 2008

Description

Le Nuage vert est un projet d’art urbain qui utilise la fumée d’une cheminée d’usine comme écran de projection, pour ajouter de l’information à un site à la fois visible et ignoré : un incinérateur de déchets. Le principe est de projeter un faisceau laser qui dessine le contour fluctuant du nuage, au bout d’une chaîne interactive inédite. Dans le scénario interactif, la taille du nuage réagit en temps réel en fonction de l’activité de l’usine. Moins on jette de déchets, plus le nuage est petit. Ces données informent les habitants du quartier sur leur propre consommation.

Prise en compte de la responsabilité par la conception: écosystème responsabilisant

L’installation offre une visibilité à un écosystème existant, celui de la gestion des déchets de la ville, pour inviter à une responsabilisation collective, et stimuler l’intérêt général par l’accumulation de petites actions individuelles. Par une mise en surbrillance du volume de matière rejeté dans l’atmosphère qui est directement lié à la consommation locale, le Nuage vert offre aux habitants du quartier une lisibilité sur la quantité de déchets produits collectivement. Dans un même temps, il fait prendre directement conscience du lien étroit entre les actions quotidiennes des citoyens et le réchauffement climatique dû au CO² expulsé dans les airs. L’Homme a toujours utilisé des repères au sein de son environnement pour mieux en saisir les effets et les anticiper. Les indices visuels offrent un accès à la connaissance d’une information difficilement palpable pour un profane. Le nuage de la cheminée, support de l’information, renvoie directement à l’imaginaire de la pollution. Les premiers signes de pollution sont apparus à la révolution industrielle avec les nuages noirs des usines charbonnières. La retombée de fines poudres noires sur les quartiers environnants témoignait de leur présence.

Usages & Pratiques

La relation au dispositif est collective, il est donc assez difficile pour les habitants de percevoir leur action individuelle, noyée dans l’action collective. Néanmoins, son exposition monumentale aux yeux de tous peut inciter, par curiosité ou par défi, à contribuer à une action collective. Aussi, leur relation au nuage est visuellement et culturellement non établie. C’est là tout l’intérêt du projet, mais sans une campagne d’information préalable, la relation au dispositif devient inexistante…

La faible réactivité et le manque de précision de l’interface entre l’action des habitants et le résultat peuvent s’avérer frustrants voire démotivants à court terme.

Bilan & Pistes

Le designer intervient ici tel un artiste, son positionnement est celui d’offrir une expérience unique à la fois dramatique (vert radioactif) et ludique. L’installation ne contraint nullement le mode de vie des habitants et n’est pas moralisatrice. L’intervention du designer est judicieuse car la mise en œuvre du système est légère, alors que son impact sur l’environnement peut devenir très rapidement conséquent ; encore faut-il que les collectivités acceptent ce genre d’installation qui peut être perçue comme une pollution visuelle supplémentaire.

> L’usage de l’eau

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Annexe

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Projet « In Luce », Positive Flow, 2006, Italie
Le projet « In Luce » consiste à afficher dans l’espace public la consommation collective d’énergie afin d’accroître chez chaque citoyen une conscience responsable vis à vis de sa propre consommation. Cette information serait projetée sous la forme d’installations artistiques lumineuses sur différents bâtiments à l’architecture remarquable. Ce dispositif innovant de communication des fournisseurs à l’attention des consommateurs s’accompagne de différents services qui engagent vers un mode de vie plus durable et une consommation raisonnée.
http://www.positiveflow.net/html/projects/in_luce.shtml

>L’usage de l’eau

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