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«Peuplade», Nathan Stern, 2003

Description

Peuplade est un site communautaire orienté vers la vie de quartier. Le principe est de se localiser sur une carte Google afin que son profil soit associé à un quartier et à une ville de référence. Ensuite, on peut voir les autres membres Peuplade de son quartier s’afficher sur la carte.
Dans les villes, les relations entre voisins sont souvent froides, timides, voire inexistantes. Peuplade permet ainsi de créer un sous-réseau social à l’échelle de son immeuble. Un groupe de discussion privé se met ainsi en place, et les annonces que vous passez ne sont communiquées qu’aux habitants de votre immeuble. Il est donc possible de se rendre de petits services de proximité selon ses compétences : garde d’enfants, d’animaux, arrosage des plantes, cours à domicile, travaux de plomberie…, ou encore se lancer dans de l’entreprenariat individuel avec la possibilité de monétiser ses services à travers cette vitrine numérique et locale. On peut remarquer que ces pratiques solidaires, ainsi que l’usage de ces sites communautaires se sont démocratisés suite à la crise économique de 2008.

Prise en compte de la responsabilité par la conception

Ce service est donc un site de réseautage social, couplé à l’outil Google Maps97 avec une restriction de contact à « l’hyper-local » : un village, un quartier, un immeuble. C’est cette échelle humaine qui créer du sens et de la convivialité. Du sens, car contrairement à Facebook qui permet principalement de garder ou lier contact avec des « amis » à l’autre bout du monde (que l’on ne verra que très
rarement ou peut-être jamais), Peuplade offre une interaction tangible et concrète avec les besoins du quotidien. Cette proximité est importante, car c’est elle qui nous préoccupe, celle pour laquelle nous sommes le plus aptes à nous investir. Par exemple, plus une catastrophe arrive loin de chez nous, moins elle nous touche. Alors qu’un léger incident arrivé le même jour à proximité retiendra toute notre intention et celle des médias populaires.

Usages & Pratiques

Au-delà de l’aspect économique, le service permet de lutter contre l’isolement, en proposant de partager des sorties ou encore un repas. Pour les réseaux d’immeubles, le site permet d’échanger sur des sujets autres que les problèmes liés à l’entretien des locaux ou aux nuisances sonores. Néanmoins, l’échelle de l’immeuble peut être dérangeante. On peut comprendre que la proximité du lieu de
résidence, couplée à une ouverture sur sa vie privée, ses compétences ou ses loisirs peut être trop intrusive. L’échelle du quartier serait-elle donc la juste échelle d’une semi-intimité dévoilée ?

Bilan & Pistes

Peuplade a pour but de relier les hommes, renouer un esprit de solidarité entre voisins et non celui d’un fichage commercial. Les outils de Facebook et de Peuplade sont les mêmes (plateforme de rencontres et d’échanges), seuls les objectifs diffèrent. D’un côté, il y a un projet social : Peuplade est un projet social exprimé par la Charte Peuplade et mis en oeuvre par « Les Ingénieurs Sociaux », « une entreprise engagée qui conçoit et développe des outils destinés à offrir aux personnes, aux associations, aux entreprises et aux institutions les moyens de donner aux rapports interpersonnels, à la société et à l’économie un visage plus humain.98 ».
De l’autre, il y a une ambition économique : « Vous accordez à Facebook le droit irrévocable, perpétuel, non-exclusif, transférable, transférable mondialement d’utiliser, copier, publier, diffuser, stocker, exécuter, transmettre, scanner, modifier, éditer, traduire, adapter, redistribuer n’importe quel contenu déposé sur le site99 ».
En 2009, dans un souci de démocratisation d’un service du type Peuplade, une expérience a été menée lors d’une collaboration entre un bailleur (Logial-OPH ) et un ascensoriste (Schindler) dans le hall et dans les ascenseurs d’un HLM à Alfortville pour y intégrer des écrans tactiles. Les habitants de l’immeuble ont pu avoir accès, par le biais de cette installation, au site ma-résidence.fr100. Ce projet a pour objectif d’offrir un accès à l’utilisation du service de « socialisation » auprès de voisins qui ne sont pas forcément équipés ou « pratiquants » de l’ordinateur. Pour le financement d’un tel dispositif, le choix s’est porté sur un modèle économique publicitaire, en intégrant une zone d’annonce interactive pour les commerces du quartier. Des questions se posent alors : doit-on accepter la publicité en échange de services gratuits ? A-t-on véritablement besoin aujourd’hui des technologies pour être sociables, s’entraider ou de se préoccuper de nos voisins âgés en cas de canicule?

Vers des réseaux éco-responsabilisés

Peut-on faire confiance à tous ces inconnus sur internet qui offrent de leurs temps et participent bénévolement à l’oeuvre d’un savoir mondial (Wikipédia) ou simplement à l’amélioration du système de transport (Clever Commute101) ou encore à l’apport d’informations journalistiques (possibilité de laisser des commentaires)?

Notes :

97.
Google Maps est un site qui permet de rechercher des commerces et des services de proximité, d’afficher des plans et de calculer des itinéraires routiers.
http://maps.google.fr

98.
Extrait de la page « Qui sommes-nous ? » du site Peuplade.
http://www.peuplade.fr/footer/footer.php?v=52

99.
Extrait de la page « Politique de respect de la vie privée de Facebook » du site Facebook.
http://www.facebook.com/policy.php

100.
ma-résidence.fr est un site de réseautage social, semblable à Peuplade, mais dédié à l’échelle d’un même immeuble.
http://www.ma-residence.fr

101.
Clever Commute est une plateforme qui publie et transmet en temps réel via les téléphones portables les messages des utilisateurs des transports publics.

> « Wikipédia », Jimmy Wales, 2001

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Annexes

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Shoreditch TV : Chaine de télévision de vidéo surveillance

Shoreditch TV offre à tout citoyen de devenir un indicateur de police bénévole, en scrutant les moniteurs des plus de 400 caméras de vidéosurveillance du quartier.
Le but de la chaîne est de « placer chaque habitant en première ligne de la lutte contre la délinquance ». Son slogan: « Combattez le crime depuis votre canapé! » à l’écran, le passage d’une caméra à l’autre a lieu toutes les 30 secondes. S’il surprend une personne à l’image dont l’activité lui paraît suspecte, le téléspectateur peut accéder à un écran « galerie ». Celui-ci comporte les noms et photos de personnes surveillées pour incivilité ou de la petite délinquance. Grâce au clavier d’ordinateur sans fil fourni avec l’abonnement, il peut alors envoyer directement et anonymement un e-mail de dénonciation à la police.
http://blog.francetv.fr/kamal-lounaci/index.php/2006/05/14/27574-londres-une-television-qui-permet-despionnerson-quartier

FourSquare : où suis-je?

Foursquare est une plate forme de réseau social basée sur la géolocalisation mobile avec une dimension ludique. On indique à ses amis le lieu l’où on se trouve et au fil des étapes on gagne des badges. Le service est disponible sous la forme d’une application sur Android, iPhone, Blackberry, Palm et sur les autres supports via un site mobile. Le fonctionnement est très simple. On lance l’application qui localise l’endroit où l’on se trouve. Si le lieu est déjà référencé, il suffit de faire un «check-in » (valider son point de passage) et de le partager avec ses amis.
Si le lieu n’est pas référencé, on peut l’ajouter avec des informations très fines (adresse, numéro de téléphone, type de lieux,…). Les check-ins permettent de gagner des points, des badges et le satut de « mayor » (maire du lieu). Pour chaque lieu, on peut laisser un avis et ainsi le partager avec sa communauté. On le sait, il n’y a pas mieux que le bouche à oreille et la recommandation de ses amis. Foursquare a une dimension « city guide » qui s’enrichit chaque jour grâce à l’enthousiasme des utilisateurs. Contrairement à Twitter ou Facebook, Foursquare permet de dire « où je suis » et non « ce que je suis en train de faire », le tout en temps réel. Il n’y a pas de concurrence, juste une complémentarité avec les réseaux sociaux existants. En effet, on peut partager chaque « check-in » avec ses amis de Twitter et de Facebook, ce qui poste une mise à jour de son statut avec un lien qui renvoie sur le site de Foursquare et sur une cartographie Google Maps où l’on est localisé.

> « Wikipédia », Jimmy Wales, 2001

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