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L’autopartage

Description

L’autopartage est un système dans lequel une société, une collectivité ou même un individu met à disposition un ou plusieurs véhicules partagés avec d’autres personnes d’une même communauté ou membres d’un même service.

Principe

Le partage d’un même véhicule permet à chacun un accès à la mobilité en fonction de ses besoins, sans se soucier de son coût d’achat, de son entretien, et offre le confort d’une facilité de stationnement grâce aux espaces dédiés à ce service.
De plus, ce système permet une réduction d’utilisation de matière et d’énergie à la construction de véhicule et un gain d’espace important en ville. Car, avec l’autopartage, un véhicule est partagé entre environ 15 personnes, alors qu’aujourd’hui une voiture est achetée et souvent utilisée par un unique conducteur. Ici, le véhicule est utilisé de manière permanente et intensive par les différents conducteurs, alors qu’une voiture individuelle reste stationnée 95% de son temps38. La durée de vie de la voiture est optimisée, mais plus réduite. Elle légitime un remplacement plus rapide de celle-ci. Il en découle un accès plus régulier aux avancées technologiques et écologiques de l’industrie automobile.

Historique / État actuel de développement

Des formes d’autopartage existent depuis les années 50. Mais cette pratique alternative à la propriété individuelle d’une voiture ne s’est démocratisée que depuis les années 2000, grâce aux Nouvelles Technologies de l’Information (téléphones portables, Internet, voitures communicantes…) et à une prise de conscience de l’impact financier et de l’économie d’énergie générés par le système.

Fonctionnement

L’utilisateur doit au préalable réserver un véhicule. Son accès est quasi-immédiat. La personne doit à ce même moment, estimer sa durée d’utilisation, choisir un type de véhicule adapté à son besoin, mais aussi l’endroit où il prendra possession du véhicule.
La réservation peut être faite à distance et l’accès au véhicule peut être direct, grâce à une carte électronique ou même à un téléphone portable qui déverrouillent les portières. La restitution peut être faite de jour, comme de nuit et selon les cas, le véhicule doit être déposé à une station fixe ou librement dans une zone déterminée.
Dans le cas d’un autopartage public, le coût d’utilisation est lié à un abonnement et à une grille tarifaires établie en fonction : du temps d’utilisation, du kilométrage parcouru et du type de véhicule choisi. Ces frais comprennent l’ensemble des coûts suivants : carburant, assurance, entretien, amortissement du véhicule et taxes.
Dans le cas d’un autopartage privé, l’achat du véhicule est généralement partagé entre les membres d’une communauté. Le choix du type de véhicule se fait donc plus rare et le partage des coûts est effectué en fonction des frais quotidiens.
Prise en compte de la responsabilité par la conception
Le service pousse les utilisateurs à utiliser de manière plus réfléchie la voiture. En effet, le fait de devoir réserver et de planifier son usage permet de regrouper ses parcours, voire de les substituer pour de plus courts ou par d’autres moyens plus légers, comme le vélo ou la marche. Aussi, pour l’autopartage privé, le fait de partager les frais et le temps d’utilisation avec un voisinage proche influe sur la responsabilisation d’un bon usage et d’un bon entretien du véhicule, contrairement à un service comme le Véli’b ou en 18 mois, de Juillet 2007 à Février 2009, sur 20000 vélos en libre service, 7800 ont été volés et 11600 ont été vandalisés39.

Usages & Pratiques

Bilan d’un utilisateur
Marc a comparé ses factures qu’il a précieusement conservées, des années 1999 à 2004, période durant laquelle il utilisait son véhicule personnel, et des années 2005 à 2008 où il faisait appel à un service d’autopartage. Quand il possédait sa voiture, il parcourait 10000 km pour un coût total annuel de 5000€, intégrant le prêt d’acquisition. Aujourd’hui, sans voiture individuelle, il parcourt moins, 5000 km, sans avoir le sentiment d’être moins mobile. En effet, il a désormais le réflexe d’utiliser des moyens alternatifs comme la marche ou le vélo. Il se fait livrer plus souvent ses courses, et regroupe au maximum ses déplacements lorsqu’il emprunte une voiture dans les moments où elle lui est indispensable. Le bilan est financièrement limpide, le coût de l’autopartage lui revient à 1700€ l’an, soit à peu près le tiers par rapport à la voiture individuelle.
L’autopartage est non seulement économique, mais il est aussi plus écologique. En plus de favoriser une possible diminution de la production d’automobiles, il fait évoluer le comportement de son utilisation. En effet, l’accessibilité plus contraignante pour l’usager et la visibilité immédiate de son coût, poussent à une utilisation plus réfléchie et modérée de la voiture40.

Bilan & Pistes

La dépossession de l’automobile, un début de « découplage » entre la possession et l’usage de la voiture ?
Sur certains trajets, pour certains motifs, à certaines heures, d’autres modes de transport alternatifs à la voiture peuvent se révéler plus pertinents pour l’individu et la collectivité. La voiture ne devient plus qu’un outil parmi d’autres pour se déplacer, on ne l’utilise plus systématiquement et son accès prime sur sa possession. Dans le cas de l’autopartage, la voiture n’est plus que l’objet d’un service.
Aujourd’hui, toute notre intention se porte sur les services rendus, le design de la carrosserie n’est plus le seul critère de choix. Cela permet à la fois une dépossession de l’objet et de toutes les frustrations et obsessions qui y sont liées. Dans
un même temps, notre esprit est concentré sur le service rendu ainsi que sur le confort d’utilisation.
L’avenir de l’autopartage se fera-t-il dans une pratique de partage de son véhicule ou dans les services publics ou privés de location ?
Aujourd’hui, le partage de la voiture entre particuliers, et le partage de voitures organisé par une société, cohabitent, et portent tous deux le nom d’autopartage. Mais quelle est la solution la plus profitable aux utilisateurs ? Une voiture partagée donnera-t-elle naissance à une nouvelle typologie de véhicules ?
La voiture n’a guère évolué depuis ces cinquante dernières années. Néanmoins, on constate que les constructeurs proposent une gamme de véhicules aux tailles de plus en plus variées. Des voitures très compactes comme la « Smart » ou la «Mini» ont beaucoup de succès. Parallèlement, le marché des grandes voitures telles que « l’Espace » ou les « 4×4 » attire beaucoup de familles. Pour autant, 90% des véhicules circulent avec pour seul passager, le conducteur ! Alors pourquoi l’habitacle de nos voitures contient-il le plus souvent 4 places ? Est-ce comme notre salle à manger, cet espace inerte la semaine, mais sacré, donc préservé pour certains de nos dimanches ? En France, le nombre moyen d’enfants par famille est de deux, mais il y a aussi de plus en plus de célibataires chaque année.
Selon le dernier recensement de l’INSEE, en 2004, il y aurait 35% de célibataires sur le territoire français. De même, nos besoins mutent de plus en plus rapidement, avec l’augmentation des divorces, ou encore avec les changements répétés de lieu de travail. Tout cela nous montre la complexité à imaginer la voiture parfaite en termes d’usage et de durabilité. Il paraît tout de même évident que l’avenir de la voiture sera dans la diversité des offres personnalisées ou dans la modularité de celles-ci.
Après le vélo avec le service Véli’b à Paris, c’est au tour de la voiture de devenir un élément partagé : l’Autolib. Doit-on penser cette voiture comme un espace ou un mobilier urbain, tel que le Véli’b ? C’est-à-dire, un objet impersonnel, résistant aux agressions, hygiénique, élégant mais pas trop, pour ne pas attirer l’attention des voleurs. Je pense que l’enjeu de cette voiture mutualisée, espace clos ou semiclos, sera d’avoir d’offrir un espace temporaire d’intimité, alors que son usage en sera public. Aujourd’hui, dans cette perspective, tout reste à faire…

Vers un écosystème

L’auto-partage permet de réduire le nombre de véhicules en circulation et évite les coûts liés à la possession d’une voiture en optimisant son utilisation dans le temps. Le service peut-il cependant aller plus loin en partageant véritablement les sièges libres de la voiture durant les différents parcours ?

> « OpenRide», Covoiturage Dynamique (covoiturage+autostop), 2009

Notes :

38.
Conception de produits et environnement : 90 exemples d’éco-conception,éditions ADEME, 1999

39.
Vélos libres ou vélos communautaires ?, 2 Juin 2009
Disponible sur : <http://www.ifrap.org>

40.
Cordier Bruno, L’autopartage dans la sphère privée, étude réalisée par l’ADETEC pour le compte de l’ADEME et du MEEDDM, dans le cadre du PREDIT, Octobre 2009

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Annexe

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Slow is better

L’agence Cramer-Krasselt a récemment réalisé pour le Elm Grove Police Department un dispositif diffusant des messages dissuasifs et personnalisés à destination des automobilistes du Wisconsin. Les messages étaient en effet composés d’une partie fixe (texte) et d’une partie variable (valeur numérique) changeant en fonction de la vitesse des conducteurs. Plusieurs versions de panneaux existent : « Chance of crash x % », « accident bills x $ », « x days in hospital bed ».
http://avidedesigner.com/?p=4822

> « OpenRide», Covoiturage Dynamique (covoiturage+autostop), 2009

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