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« Hummer H3», AM Général , 2005

Description

Le Hummer H3, troisième modèle de la marque, a été lancé en 2005. Il s’agit aussi d’un SUV 28. Son style est toujours d’inspiration militaire, mais son gabarit est plus réduit que le H2. General Motors compte sur ce modèle pour tenter une percée en Europe, notamment avec l’apparition prochaine d’une version Diesel. Ce type de véhicule affiche une consommation moyenne de carburant d’au moins 14 litres aux 100 kilomètres. C’est pourquoi l’adaptation au milieu routier civil des gros 4×4 Hummer, dans un contexte de lutte contre le réchauffement planétaire, peut être perçue comme une aberration ; bien que cela soit à relativiser : le Hummer ne représente que 0,4 % de la production de General Motors.

Prise en compte de la responsabilité par la conception

Aucune

Usages & Pratiques

La commercialisation du Hummer , version civile du Humvee29 a pour seul intérêt une valeur ostentatoire pour son propriétaire, couplée à une certaine vision du confort et de la sécurité. On retrouve ce modèle dans de nombreux clips de rap ou encore dans des séries télévisées comme les Experts Miami.
Le Humvee, essentiellement destiné au marché militaire, est en service dans de nombreuses forces armées et de sécurité. Il avait été conçu pour pouvoir rouler dans les ornières laissées par les chars d’assaut. Il a remplacé les anciennes Jeep. Son grand gabarit, très apprécié, a été adapté dans de multiples versions, du transport de troupes à l’ambulance et au porte-missiles en tous genres. Transposé au milieu civil, il a perdu toute sa fonctionnalité, il est même devenu un handicap majeur pour la collectivité dans le milieu urbain, du fait de son encombrement et de sa pollution excessive.

Bilan & Pistes

Ce modèle illustre comme la plupart des voitures de luxe sportives, le désir de possession et d’un besoin de véhiculé une image liée au produit. Icône absolu de la liberté, la voiture nous est présentée à travers la publicité comme un moyen d’évasion, de rêve et même de pouvoir. Aujourd’hui l’achat d’une automobile est relégué à un second plan ; ce n’est plus une priorité dans le budget d’un ménage. L’ère de l’information a modifié nos priorités, la voiture n’est plus l’objet le plus convoité, le téléphone portable l’a remplacée. Le service n’est pas le même mais il offre de nombreuses autres libertés que celle de la mobilité. En effet, selon une enquête commandée par la fédération allemande des hautes technologies Bitkom, 84% des Allemands qui ont entre 14 et 29 ans ne peuvent s’imaginer une vie sans le Web, contre 64% incapables de concevoir une vie sans voiture30. De même, au Japon, une enquête réalisée en 2007 montrait que seuls 13% des 20 à 40 ans habitant la région de Tokyo possèdent une voiture, alors qu’ils étaient 23,6% en 2000. Plus significative encore, cette enquête financée par les constructeurs automobiles montrait que l’envie de posséder une voiture avait pratiquement diminué de moitié en sept ans : la proportion est aujourd’hui de 25,3%, contre 48,2% lors du même sondage réalisé en 2000. Ainsi, Yoshinobu Shigenaga, membre de l’Association japonaise des concessionnaires automobiles, expliquait « Les jeunes n’aiment pas les voitures. Ils préfèrent consacrer leur argent aux services sur téléphones portables et aux jeux vidéo ». L’imaginaire de la mobilité urbaine a donc muté face à l’évolution des NTIC31, mais aussi à cause de la non-évolution d’une voiture qui ne réponde pas de façon satisfaisante aux nouvelles contraintes environnementales qui s’imposent à elle, ni aux nouvelles attentes des consommateurs.
Aussi, la crise économique de 2008 a particulièrement touché la plupart de constructeurs automobiles, de plus, la pénurie de pétrole annoncée ne leur offre pas un avenir serein. L’automobile n’avait finalement que peu évolué structurellement depuis les 50 dernières années. L’évolution vers une mobilité plus libre et plus durable est donc en train de voir le jour.

Vers un objet responsabilisé

Comment orienter le consommateur vers un produit qui dépassera la simple image de rêve et son confort personnel pour l’amener vers un véhicule plus fonctionnel et plus adapté au maintien d’un confort de la fluidité et de la mobilité pour tous ?

Notes :

28.
En français : Véhicule Utilitaire Sportif

29.
High Mobility Multipurpose Wheeled Vehicle : Véhicule à Mobilité élevée et Roues Universelles

30.
Source AFP Libération, « 84% des jeunes Allemands plus accros au Net qu’à la voiture » , 2 Mars 2009
h t tp : / /www. l i b e r a t i o n . f r /economie/0101435760-84-desjeunes-allemands-plus-accrocsau-net-qu-a-la-voiture

31.
NTIC signifie Nouvelle Technologie de l’Information et de la Communication

> « OLEV », KAIST (Korea Advanced Institute of Science and Technology), 2009

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Annexes

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La législation européenne pourrait imposer une mesure aux véhicules neufs dès 2012 : le bridage des moteurs. Le mythe de la vitesse serait alors touché en plein cœur, au grand dam des constructeurs allemands. Avec la présence des radars automatiques, le renforcement des contrôles mobiles et la généralisation des régulateurs/limiteurs de vitesse sur les modèles actuels, la question du bridage des moteurs à la construction semblait oubliée. Elle refait pourtant surface dans le débat sur la politique environnementale et la sécurité routière européenne. Si rien n’a été décidé en sa faveur lors du Grenelle de l’Environnement, cette mesure pourrait devenir la norme dans l’Union avec l’harmonisation prévue de la réglementation routière. L’objectif est : « que plus aucun nouveau
modèle ne soit autorisé sur le marché si son moteur est conçu pour pouvoir dépasser 162 km/h » ; soit une limite de 25 % supérieure à la vitesse maximale autorisée dans la plupart des pays membres, pour permettre le dépassement en
cas d’extrême nécessité.
Le fait d’autoriser la vente « de véhicules qui consomment des quantités excessives de carburant et qui ont été conçus pour dépasser les limites de vitesse légales » est considéré comme « une folie politique et environnementale32 » pour les auteurs du rapport. Les coupables sont facilement identifiables : les grosses cylindrées, les 4×4 de luxe et autres modèles sportifs. Autant de mauvais élèves
qui auraient une influence négative sur les comportements et participeraient à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Le texte dénonce également la course aux performances menée par l’ensemble des constructeurs. Entre 1994 et 2004, la puissance des voitures a progressé en moyenne de 28%, alors que leur poids n’a augmenté que de 15% ; un effet de surenchère qui commence à s’estomper depuis peu, avec la chasse aux kilos désormais incontournable dans la lutte contre les émissions de CO2. Question sécurité, il est difficile de voir quels pourraient être les bénéfices directs du bridage des moteurs. Cela empêcherait quelques conducteurs téméraires de rouler à plus de 130 km/h sur autoroutes, au mépris des interdictions. Mais les excès de vitesse ne seraient pas évités en dessous de cette limite, en ville ou sur routes secondaires, là où les risques d’accidents sont plus importants.
Peu importe, c’est l’intention qui compte pour Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, qui pilote également « le palmarès de la voiture citoyenne ». « Il est prouvé que les véhicules puissants incitent à dépasser les limitations et augmentent les risques d’accidents, rappelle-t-elle. Il faut donc casser l’image de la vitesse, la ringardiser. Tout le monde se crispe encore à l’idée de brider les moteurs. Mais les choses vont évoluer, comme pour l’alcool qui est aujourd’hui reconnu comme un fléau33 ». En attendant, passer la bride aux roues des voitures ne risque pas d’aller de soi. La vitesse est un mythe solidement ancré
dans la culture automobile. Une telle mesure pourrait être vécue comme une castration et dénoncée comme une logique arbitraire, une atteinte aux libertés individuelles. Pour Roger Braun, directeur général de l’Automobile Club Action Plus, il s’agit d’une initiative autophobe : « Ce n’est pas la solution appropriée. Plutôt que de sanctionner, nous préférons expliquer aux usagers où sont leurs responsabilités, les inciter à respecter les règles et les guider dans leurs façons de conduire.
On devrait aussi encourager à l’éco-conduite et aider au renouvellement du parc automobile.34»

Notes :

32.
Extrait du Projet de Rapport sur la stratégie communautaire de réduction des émissions de CO2 des voitures et véhicules commerciaux légers, p.10.
Disponible sur : <http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2004_2009/documents/pr/670/670834/670834fr.pdf>

33.
« Bridage des moteurs à 162 km/h d’ici 2012. Non mais, et puis quoi encore ? », le 4 Décembre 2007
Disponible sur : <http://www.autotitre.com/forum/ Bridage-des-moteurs-a-162- km-h-90104p1.htm>

> « OLEV », KAIST (Korea Advanced Institute of Science and Technology), 2009

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