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Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), 1990

Description

En France, une AMAP 26 est un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution hebdomadaire.
C’est un contrat solidaire, fondé sur un engagement financier des consommateurs, qui paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie par le type de production et le lieu géographique. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilité du consommateur.
Un des exemples le plus ancien de ce concept a émergé au Japon, dans les années 1960. À l’époque, des mères de familles japonaises s’inquiètent de voir l’agriculture s’industrialiser avec un recours massif aux produits chimiques (en 1957, les premières victimes de Minamata, empoisonnées au mercure, sont déclarées). Ces mères fondent alors en 1965 les premiers Teikei27 qui concernent d’abord des coopératives laitières. Le principe de fonctionnement était le suivant : en échange de l’achat par souscription de la récolte du paysan, ce dernier s’engageait à fournir des aliments cultivés sans produits chimiques.

Aujourd’hui, le principe d’une AMAP est :
– pour le paysan, le maintien de l’activité agricole par la garantie de revenus
– pour le consommateur, des aliments frais, de saison, souvent biologiques, produits à partir de variétés végétales ou de races animales de terroir ou anciennes
– un prix équitable pour les deux partenaires

Une telle association est considérée comme participant à l’économie solidaire, selon le respect des critères suivants :

– un lien direct, sans intermédiaire, entre le producteur et le consommateur
– les consommateurs s’engagent à l’avance, pour une saison de production
– agriculteur et consommateurs partagent les aléas climatiques qui peuvent modifier à la baisse, la quantité de produits calculée et planifiée par le producteur
– le prix du panier est calculé en fonction des coûts de production et non pas en fonction du poids de la marchandise
– Le fermier amortit les aléas de l’économie de marché (il a une vision sur plusieurs mois) et garde une indépendance par rapport au système de grande distribution ; quant aux consommateurs, ils peuvent directement suivre et influencer le mode de culture (souvent biologique ou biodynamique ou agriculture durable)

Les AMAP ont également les ambitions suivantes :

– favoriser un dialogue social autour de la sécurité alimentaire et du goût
– respecter la biodiversité
– mieux gérer le foncier et ou le maintien des terres fertiles
– agir pour l’emploi, par l’installation de nouveaux jeunes agriculteurs
– instaurer des animations sur la ferme, en favorisant le volet pédagogique sur la nature et l’environnement
– contribuer à réduire la consommation énergétique en utilisant des légumes produits à côté de son domicile
– réimpliquer le consommateur dans ses choix de consommation

Prise en compte de la responsabilité par la conception

La responsabilité est dans ce cas entièrement confiée aux consommateurs. Ils sont les acteurs du système : ils deviennent tour à tour gestionnaire, livreur, recruteur… Cela demande un réel investissement personnel, mais c’est le prix à payer pour bénéficier d’un système solidaire, économique, et écologique pour l’ensemble des participants.

Usages & Pratiques

Aujourd’hui l’engouement pour les produits bio est réel et les consommateurs font la queue pour s’inscrire dans les AMAP. Mais la dérive est tentante. En effet, certaines AMAP fixent de nouvelles règles qui ne correspondent pas à l’esprit initial du projet, qui consistait à soutenir l’agriculture et les agriculteurs. Normalement, le paiement du panier se fait à l’avance pour permettre aux producteurs de réaliser les investissements nécessaires (matériel mais aussi graines, semences, …).
Habituellement, il s’agit d’une chaîne de distribution courte entre producteurs et consommateurs qui sont alors partenaires d’une consommation durable. Ce n’est pas un groupement de consommateurs qui fixent de manière unilatérale les prix, sinon il ne serait plus question de permettre à des producteurs de vivre de leur production familiale, et il ne s’agirait alors plus d’un commerce équitable.

Bilan & Pistes

Le recours à un circuit court, et donc local, offre une alternative écologique et sociale intéressante en termes de qualité de produit, d’information pour l’acheteur et permet aussi une humanisation de la consommation. Toutefois, ce nouveau confort gustatif, sain et humain prendra-t-il vraiment le pas sur les nombreuses contraintes que cela impose et que nous avons oublié avec nos hypermarchés, comme devoir consommer uniquement des fruits et légumes de saisons ? Comment adapter ce principe à grande échelle ? Comment promouvoir ce système auprès des grands distributeurs ? La motivation humaine suffira-t-elle ?

Notes :

26.
Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

27.
Le sens du mot « Teikei » en japonais signifie coopération ou collaboration.

> L’usage de la mobilité

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