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Introduction

Avec le recul qui s’est offert à moi durant cette pause créative, j’ai souhaité interroger ma pratique du design. Aussi, depuis quelques temps, mon esprit critique envers le design de luxe, de mode et d’édition, qui autrefois m’avaient amené à choisir ce métier, n’a fait que se développer. En effet, la prise de conscience sur l’obsolescence du système des objets, ainsi que leur prolifération face à la pénurie de nos ressources et à la menace de notre existence m’a fortement fait réfléchir sur l’orientation que je pouvais donner à ma pratique.

Les incertitudes sur la préservation de nos libertés et de nos conditions de vie dans un avenir proche doivent conduire les designers à repenser les objets et leurs interactions dans un système allant bien au-delà de la simple éco-conception. L’impact écologique d’un produit ne tient pas seulement à son mode de production ou de fin de vie, mais est de plus en plus lié à son usage. C’est pourquoi, de nombreux objets « responsabilisés » et « moralisateurs » tentent de nous contraindre préalablement contre tout débordement irresponsable, au détriment de notre libre arbitre.

Comment le designer peut-il redonner le pouvoir aux hommes afin qu’ils puissent librement et consciemment devenir responsables de leurs actes en faisant bon usage des objets ? L’objet peut-il avoir un rôle bénéfique et redonner prise aux hommes face à leur emprise et leur addiction actuelle aux objets ? Par quels moyens le designer peut-il y parvenir ?

L’enjeu est de taille. La complexité issue de la notion de libre arbitre, confrontée à celle de l’éco-responsabilité fut une tâche difficile à résoudre au commencement.
J’ai parcouru de nombreux ouvrages philosophiques, sociologiques et écologiques, cités dans la bibliographie. Cependant, au croisement de ces richesses pluridisciplinaires, j’ai rapidement été dépassé par l’étendue de la question. Aussi, je me suis aperçu qu’une simple approche documentaire et historique sur la question ne pouvait m’offrir une réponse personnelle, satisfaisante et créatrice. Après plusieurs mois d’errance littéraire, je décide alors de m’en détacher pour répondre à ces questions par une démarche plus personnelle par le biais d’intuitions, d’observations, d’analyses, de constats et de propositions. Aucune référence d’ouvrages n’est présente dans la suite du mémoire, elles ont uniquement constitué les fondations et participé à la mise en forme de ma démarche.

Pour commencer, nous allons voir une série de statistiques illustrées qui me tient à cœur. En effet, cet état des lieux chiffré a grandement participé à une remise en cause de mon travail et m’a guidé dans cette quête éthique. L’analyse de l’un de mes projets personnels, la « Maison Radiante », sera ensuite le point de départ de mon questionnement autour de la responsabilité et de l’implication du designer dans les usages qu’il provoque. à partir de ce projet, je tenterai de faire une classification d’une sélection de projets de créateurs, selon le degré de responsabilité qu’ils induisent. Puis, j’analyserai de façon détaillée ces différents projets. Une relecture de ces études de cas mettra en évidence les différents moyens utilisés par les designers pour créer de la responsabilité afin de proposer ensuite ma propre définition d’une pratique responsable du design.

> État des lieux

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